Malgré la résurgence des tensions géopolitiques, le mois de juin poursuit la tendance positive de mai. En effet, l’intervention américaine visant à neutraliser le programme nucléaire iranien a mis un terme au conflit opposant l’Iran et Israël après une « guerre de 12 jours ». Le High Yield américain a été porté par les taux qui ont nettement reflué (-16bps sur le 5 ans) à la suite de données d’inflation inférieures aux attentes, tandis que le volume du primaire a nettement ralenti et contribué à une forte compression des primes de risque. La situation était différente en Europe où le marché primaire a battu un nouveau record d’émission avec 21,3Mds€ (cf focus infra), ce qui a fait stagner les primes de risque du BB et B tandis que les taux sont eux repartis à la hausse (+11bps sur le 5 ans) sur fond de déploiement des dépenses de défense après l’accord signé par les membres de l’OTAN qui se sont entendus pour les établir à 5% de leur PIB. Dans ce contexte, les marchés américains ont nettement surperformé les européens : sur le High Yield, ils enregistrent un gain de 1,63% vs +0,46% et sur les actions le S&P 500 progresse de +4,75% alors que l’Eurostoxx50 perd 1,1%.
Notre stratégie High Yield
Le mois de juin a été marqué par une résurgence destensions géopolitiques au Moyen-Orient, avec l’intervention militaire conjointe d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, visant à neutraliser ses capacités nucléaires. Cette escalade a entraîné une hausse temporaire de près de 15% du prix du pétrole (le baril de WTI passant de 65 à 75 dollars), avant un retour rapide aux niveaux antérieurs à l’attaque. Les autres classes d’actifs ont, quant à elles, été peu affectées par ce conflit de courte durée, désormais qualifié de « guerre des 12 jours ».
Outre-Atlantique, les marchés financiers ont conservé une orientation favorable, soutenus par les anticipations de baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale liées à des chiffres d’inflation plus faibles qu’attendus. Le taux souverain américain à 10 ans a baissé de 18 points de base, les primes de risque sur le marché du crédit se sont resserrées, et l’indice S&P 500 a enregistré une progression notable de plus de 4,75%.
En Europe, la situation s’est révélée plus contrastée. Si le marché du crédit demeure bien orienté, avec une poursuite du resserrement des primes de risque malgré une hausse des taux souverains (le Bund 10 ans a progressé de 10 points de base), les marchés actions ont terminé le mois en territoire négatif, l’Eurostoxx 50 cédant 1,10%.
L’intérêt des investisseurs pour la classe d’actifs crédit reste soutenu, en particulier pour le segment High Yield. Cette dynamique s’est traduite par des performances positives : +0,46% pour l’indice Euro HY et +1,63% pour son équivalent américain. Cette solidité reflète la confiance des investisseurs dans la résilience de l’économie mondiale, la robustesse des fondamentaux des émetteurs, ainsi que des flux nets positifs dans la classe d’actifs. Ces éléments ont permis d’absorber un volume d’émissions primaires particulièrement élevé, le mois établissant un record pour les émissions High Yield européennes hors secteur financier (cf. section suivante : « Les vannes du primaire HY Euro sont grandes ouvertes »).
La surperformance du marché américain par rapport à son homologue européen s’explique principalement par deux facteurs : un resserrement plus marqué des primes de risque aux États-Unis (35 points de base contre 16 en Europe), et une évolution plus favorable des taux, en baisse outre-Atlantique alors qu’ils progressaient en Europe, pesant ainsi sur la performance régionale.
Nous n’avons pas procédé à des ajustements significatifs de la stratégie de nos fonds. Nous avons mis à profit l’abondance d’opportunités sur le marché primaire pour diversifier nos portefeuilles en intégrant de nouveaux émetteurs. Le profil de risque est resté stable en termes d’exposition au risque de crédit (spread), tandis que nous avons réduit la sensibilité aux taux (duration). Nos investissements les plus spéculatifs ont été concentrés sur des secteurs non cycliques, notamment la santé, tandis que les secteurs plus cycliques ont été abordés avec prudence, en privilégiant des émetteurs à profil défensif.