Le marché High Yield a été pénalisé par la forte remontée des taux souverains dans un contexte de réescalade des tensions au Moyen-Orient et d'incertitudes persistantes quant à l'orientation future de la politique monétaire de la Fed. L'évolution des spreads a toutefois divergé entre les marchés High Yield européen et américain : le HY€ s'est resserré de 5 pb, tandis que le HY$ s'est écarté de 10 pb. Cette divergence reflète notamment la moindre exposition du marché européen aux émetteurs liés à la thématique des data centers et de l'intelligence artificielle.

e-faure-011-rc1
Les primes de risque HY€ et HY$ ont évolué de façon divergente en juillet

Notre stratégie High Yield

Une fois de plus, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient se sont retrouvées au centre de l’actualité. Après l’accord préliminaire conclu mi-juin entre Washington et Téhéran, Trump a déclaré cet accord caduc au début du mois de juillet, conduisant à une reprise des frappes entre les Etats-Unis et l’Iran. Cette nouvelle escalade a ravivé les craintes de perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et provoqué un net rebond des prix de l’énergie. Le baril de Brent est ainsi passé de 73$ à près de 95$ en cours de mois avant de clôturer à 88$, en hausse de +20% sur le mois de juillet. Parallèlement, les tensions persistantes entre la Russie et l’Ukraine ainsi que les inquiétudes liées au phénomène El Niño ont également soutenu les prix des matières premières agricoles.

Dans ce contexte de regain de pressions inflationnistes, les marchés obligataires ont subi un mouvement de correction généralisé. Comme attendu, la Fed a maintenu ses taux directeurs inchangés, mais la communication de Kevin Warsh a laissé les investisseurs sans véritable visibilité sur la trajectoire future de la politique monétaire américaine. Cette incertitude, combinée à la remontée des prix de l’énergie, a favorisé une pentification marquée de la courbe américaine. Le taux à 30 ans s’est hissé à 5,27%, son plus haut niveau depuis 2007. En Europe, la BCE a également maintenu ses taux inchangés tout en laissant entendre qu’un nouveau relèvement en septembre demeurait probable. Les rendements souverains européens ont suivi le mouvement mondial avec une hausse du 10 ans allemand de +35 pb à 3,21%, un niveau inédit depuis 2011.

Les marchés actions ont quant à eux été dominés par une remise en question du thème d’investissement lié à l’intelligence artificielle. Les inquiétudes concernant les valorisations du secteur technologique, l’intensité des investissements nécessaires et la montée de la concurrence chinoise ont entraîné une forte correction des valeurs liées aux semi-conducteurs. L’indice Philadelphia Semiconductor a reculé de -20,6%, enregistrant sa plus forte baisse mensuelle depuis 2008. Malgré cette correction du segment technologique, la rotation sectorielle observée au sein des marchés actions a permis aux indices plus diversifiés de mieux résister. Le S&P 500 termine ainsi le mois pratiquement inchangé (-0,1%), tandis que le Stoxx Europe 600 progresse de +1,3%, soutenu par une croissance européenne plus résiliente qu’attendu et par le repli du pétrole observé en fin de période.

Dans cet environnement caractérisé par une forte remontée des taux souverains, le marché High Yield affiche des performances négatives sur la période, malgré une sensibilité taux limitée autour de 3, avec le HY$ qui abandonne -0,42% (couvert en EUR) et le HY€ qui surperforme légèrement son homologue américain à -0,34%. Le portage élevé continue de soutenir la classe d’actifs même si la hausse des taux souverains a impacté les performances et que l’évolution des primes de risque HY ont divergées entre le HY€ (-5 pb) et le HY$ (+10 pb), ce dernier étant davantage exposé à la thématique data centers IA (environ 3% d’exposition contre uniquement 0,5% en Europe). De façon générale, les primes de risque High Yield restent proches des plus bas historiques, témoignant d’un marché qui continue de privilégier les fondamentaux d’entreprises globalement solides et une dynamique de défaut encore modérée. A court-terme, la poursuite des tensions géopolitiques et la volatilité sur les taux restent des sources d’incertitudes et pourraient contribuer à un écartement des primes de risque, notamment sur le HY€ qui a particulièrement bien résisté cette année en se resserrant de -5 pb alors que le HY$ s’écarte de +4 pb. Sur nos stratégies de portage à échéance, nous avons continué de déployer les souscriptions en profitant d’un marché primaire encore dynamique, notamment en Europe, et d’un marché secondaire source d’opportunités, notamment sur le secteur des Télécommunications. Sur nos stratégies benchmarkées, nous avons légèrement augmenté notre exposition au HY$ au détriment du HY€ et conservons notre positionnement du mois précédent avec une surpondération au risque taux et une sous-pondération au risque crédit.