Par Edouard Faure, Responsable Crédit de Swiss Life Asset Managers France

La Banque centrale européenne (BCE) devrait opter pour le statuquo monétaire alors que le consensus de marché prévoit toujours près de deux hausses de taux avant la fin de l’année.

À l’occasion de la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs prévue jeudi 23 juillet, Christine Lagarde ne devrait pas annoncer de modification quant au niveau des taux directeurs pratiqués par la BCE. Dans ce contexte, le taux de dépôt resterait inchangé, à 2,25%. En zone euro, la bonne nouvelle est venue du côté de l’inflation qui est restée contenue à 3,6% en juin sur douze mois alors que les prévisions tablaient sur un chiffre de 3,8%. En revanche, l’échec des négociations et le regain de tension observé au cours des derniers jours au Moyen-Orient constitue un risque susceptible de pousser à la hausse les cours du pétrole. Néanmoins, avec un baril de brent qui se maintient sous les 90 dollars, soit à un niveau bien inférieur à ses prévisions de 2026, la BCE n’a, à l’heure actuelle, aucune raison de réviser à la hausse ses anticipations d’inflation et de procéder à un nouveau resserrement monétaire.

En juin, la crainte d’un regain inflationniste à partir de l’automne avait justifié le premier mouvement de hausse depuis septembre 2023. En l’absence de règlement définitif du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis, les doutes autour d’un nouvel embrasement des cours du pétrole et de l’inflation restent effectivement persistants. Toutefois, un prolongement de la guerre risquerait surtout de provoquer un ralentissement de la croissance au cours des prochains mois. À cet égard, nous n’anticipons qu’une seule hausse des taux d’ici la fin de l’année, contre près de deux pour le consensus du marché.

Depuis la reprise du conflit au Moyen-Orient, nous avons observé un léger regain de volatilité sur les marchés de taux. La hausse des spreads demeure néanmoins contenue. À cet égard, les investisseurs présents sur les marchés du crédit semblent anticiper un règlement du conflit au cours des prochains mois.
Le rythme des émissions reste soutenu aussi bien sur le compartiment Investment Grade que sur le High Yield. Thématique d’investissement incontournable, l’intelligence artificielle (IA) fait l’objet d’investissements considérables de la part des entreprises. Nous nous situons actuellement dans une phase de transition technologique au cours de laquelle sortiront des gagnants et des perdants. Dans la course à l’IA, le marché doit ainsi apprendre à distinguer les émetteurs qui parviendront à tirer leur épingle du jeu des autres.